2. Dites bonjour à la communauté des données ouvertes

La communauté des données ouverte

Les citoyens ont toujours estimé que l’obligation de transparence et de responsabilisation pour le gouvernement est essentielle à la démocratie. Les mouvements citoyens qui visent à renforcer le respect de ces principes par l’administration publique ont pris de l’expansion dans bon nombre de pays. Il y a eu un tournant en 2011 lorsqu’une organisation internationale, appelée le Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO) a été créée. Cette organisation compte maintenant 75 pays membres.

Outil :

Il s’agit d’un partenariat entre le gouvernement et la société civile qui représente les intérêts des citoyens et contribue activement à l’élaboration des plans d’action des pays membres tous les deux ans. De nombreuses organisations de la société civile participent aux activités du PGO, d’Open Knowledge International, de la world wide web Foundation et de la Sunlight Foundation.

Le Canada est devenu membre du PGO en 2011. Il a adopté son troisième plan d’action national l’année dernière et a coprésidé le Groupe de travail sur les données ouvertes du PGO. En 2017, il a été élu en tant que membre du Comité directeur du PGO. Le PGO a récemment présenté 15 membres infranationaux et la province de l’Ontario figurait sur les listes des gouvernements acceptés. Plusieurs chefs de file canadiens en matière de données ouvertes et organisations de la société civile canadienne participent aux activités de PGO.

Qu’entend-on par données ouvertes?

La définition de données ouvertes généralement acceptée est la suivante : « donnée qui peut être librement utilisée, réutilisée et redistribuée par quiconque – sujette seulement, au plus, à une exigence d’attribution et de partage à l’identique ». Il s’agit essentiellement de fournir des données en ligne de votre municipalité, sans frais, à l’aide d’une licence d’utilisateur final standard afin d’en permettre la réutilisation et la redistribution.

Toutes les données de la municipalité? Non. Les données municipales, tout comme les données recueillies par des institutions publiques, sont assujetties à la législation sur la protection des renseignements personnels et à d’autres restrictions qui limitent leur communication au public (p. ex., propriété intellectuelle). Il est important de comprendre les différents états de données à partir des données fermées (les données avec un accès interne seulement) jusqu’à aux données ouvertes (données avec un accès public et ouvertes à tout le monde, en passant par les données partagées (avec un accès fondé sur les groupes). Cette gamme d’états de données permet de déterminer les différents facteurs à prendre en compte tout en démontrant que certaines données du domaine public ne sont pas communiquées au public en raison des risques perçus plutôt que des risques réels

Quels sont les avantages et les risques?

Voici une vidéo où vous devriez trouver les raisons pour lesquelles il est important d’entreprendre un projet de données ouvertes. Elle appartient au Comté de Grande Prairie, en Alberta, et nous a été fournie par l’un des membres du comité consultatif sur le projet.

Outil :

Bien de raisons expliquent pourquoi des gouvernements ont ouvert leurs données au public. Heureusement, bon nombre de gouvernements avant le vôtre ont réussi à démontrer l’incidence des programmes de données ouvertes comme les données météorologiques ouvertes et les données du Global positioning system (GPS). Voici d’autres idées pour définir la proposition de valeur des données ouvertes :

Proposition de valeur et avantages des données ouvertes

Point de vue des citoyens et de la communauté

  • Facilité d’accès aux renseignements détenus par l’administration publique
  • Possibilités de développement économique permettant de créer des emplois
  • Réduction des coûts des activités gouvernementales
  • Meilleure prestation de services électroniques
  • Capacité des organismes à but non lucratif de collaborer et d’utiliser les données pour les propositions de financement
  • Applis pour les citoyens et la communauté
  • Possibilités accrues pour la participation communautaire et la collaboration afin d’aborder des besoins sociaux

Point de vue des entreprises

  • PossibilitésVoir la note en bas de page 1 de développement économique
  • Coûts réduits pour trouver et utiliser les données du gouvernement
  • Démarrage d’entreprises qui tirent profit des données
  • Revendeurs qui offrent une valeur ajoutée
  • Innovation par de nouveaux produits et services

Point de vue gouvernemental

  • Meilleurs services aux citoyens et aux entreprises.
  • Coûts réduits au moyen d’un accès interne et moins de demandes externes d’accès à l’information (AI) et aux données.
  • Meilleur accès aux données pour les ministères, élimination des silos ministériels et meilleur appui pour la prise de décisions.
  • Soutien pour la qualité des données découlant de l’utilisation des données ouvertes par la communauté.
  • Développement économique.
  • Participation accrue des citoyens, collaboration avec des entreprises et des groupes communautaires.
  • Transparence accrue et une plus grande confiance dans les institutions publiques.

En fin de compte, il est important de reconnaître que toute initiative sur les données ouvertes est mise en œuvre au profit des intervenants locaux : citoyens, entreprises, groupes locaux représentant des intérêts spéciaux et milieux universitaires.

Lectures supplémentaires :

Outil :

  • Pour en apprendre davantage sur les données ouvertes, suivez le module Open Data eLearning (en anglais) offert par l’Open Data Institute.

Quels sont les risques?

Lorsqu’un ordre de gouvernement tente d’ouvrir ses données au public, il est inévitable qu’il aura à faire face à une certaine résistance. Il est donc important pour vous de prévoir un type de dialogue comme celui qui suit et d’être prêt à fournir des réponses.

Raisons pour ne pas ouvrir les données au public Réponses aux questions
1. Personne ne s’intéresse à nos données. Vous ne le serez pas tant que vous n’aurez pas déterminé les différents types d’utilisateurs de données et élaboré des mécanismes de rétroaction efficaces permettant d’évaluer leurs intérêts et les façons dont les données pourraient être utilisées et réutilisées.
2. Ce sont des données qui ne sont pas parfaites. Elles ne sont pas bonnes. La question de savoir si des données sont bonnes ou non est subjective, notamment si cette hypothèse n’est pas soulevée par les utilisateurs des données actuelles eux-mêmes. Les données qui ne sont pas parfaites contiennent tout de même des renseignements très utiles dans la mesure où des lacunes quant à la qualité des données sont indiquées. Les données imparfaites sont une occasion de mobilisation.
3. Les données que nous publions pourraient être utilisées par des gens malintentionnés. Si des données peuvent être demandées à titre d’accès à l’information et que ces données ne révèlent pas l’identité de la personne, elles devraient être accessibles au public. Par exemple, la sécurité publique ne doit pas être compromise et, dans la plupart des cas, les données de nature délicate peuvent être rendues anonymes ou masquées pour régler ces préoccupations.
4. Il faudrait détenir un diplôme professionnel pour comprendre les données. Bon nombre de personnes avec ou sans diplôme professionnel aimeraient utiliser et réutiliser les données du domaine public. L’accès aux données du domaine public est un droit, pas un privilège. Il y a de plus en plus de personnes qui deviennent cultivées dans le domaine des données. Il y a des cours offerts en ligne, dans le cadre de rencontres communautaires, et qui font maintenant partie intégrante des programmes de cours universitaires.
5. Cela exigera beaucoup de travail. – Je n’ai pas le temps! Nous sommes tous très occupés, mais il y a des possibilités de publier des jeux de données qui sont déjà de bonne qualité et qui exigent peu de temps pour le traitement. Selon cette trousse d’outils, vous n’êtes obligé de rendre vos données ouvertes d’un jour à l’autre. Commencez à petite échelle, voyez ce qui se passe, mobilisez, élaborez votre projet-pilote, étudiez la demande et présentez les arguments pour une initiative de grande envergure. L’un des avantages est la réduction réelle du temps des employés consacré aux demandes de données.
6. Nous vendons déjà nos données… Oh..! n’est-ce pas? Eh bien… nous ne devrions pas! Le rendement du capital investi et les avantages des données ouvertes sont maintenant bien établis. La vente de données devient un obstacle à l’innovation et à la prospérité dans votre communauté. Il est important de baisser la barre d’accessibilité au profit des différents utilisateurs, comme les entrepreneurs et les innovateurs sociaux, qui sont en train d’élaborer leur modèle opérationnel ou de développer un prototype, entre autres. Il a été constaté que les coûts administratifs liés à la fourniture des données sont supérieurs aux revenus.
7. Nous ne savons pas ce qu’« ils » trouveront. Il est évident que nous ne pouvons contrôler l’interprétation des jeux de données. Toutefois, comme les journalistes comptent sur leur crédibilité, il est fort improbable que les données ouvertes donnent lieu à des analyses erronées qui ne seront pas discréditées. Par ailleurs, qu’est-ce que vous avez à cacher? La transparence est au cœur de notre système démocratique. Bon nombre de municipalités affichent maintenant les dépenses de leurs politiciens en ligne.
8. Si nous les leur donnons, c’est certain qu’ils en demanderont davantage. Possiblement! Et c’est une bonne chose. Toutefois, les attentes devraient être gérées de façon proactive. Au début de votre initiative sur les données ouvertes, communiquez votre plan et expliquez aux utilisateurs de données votre capacité à répondre à leur demande afin d’éviter la frustration ou des demandes auxquelles vous ne pouvez pas répondre en raison de votre charge de travail. Il y a des délais de réponse standards pour les demandes d’accès à l’information (AI). Ce devrait être le cas pour les données ouvertes.
9. Non. Ce sont mes données. Vous ne pouvez pas les avoir! Vraiment? Les données ouvertes ont changé la relation entre les producteurs de données et les utilisateurs de données. Les producteurs ou gestionnaires de données sont responsables de leurs données. Ils ne sont pas propriétaires des données publiques, dont la production est payée par les contribuables, après tout. Les données du gouvernement sont un bien public.
10. Les demandes d’accès à l’information répondent à ce besoin, n’est-ce pas? Ouvrir les données au public de façon proactive conformément aux principes des données ouvertes permettra de réduire le nombre des demandes d’accès à l’information. On appelle cette pratique « divulgation proactive ». La clé est de veiller à ce que les gens sachent où trouver les données une fois qu’elles sont publiées, ce qui est l’un des principes de base des données ouvertes (c’est-à-dire accessibilité).